«S ata, Stoune, speed, mout, wech, fine...» ! C’est le nouveau dictionnaire des jeunes marocains. Ces nouveaux termes, largement usités au sein de la communauté «in» ont su instaurer une nouvelle langue que les parents désapprouvent.
En effet, ces derniers n’arrivent pas à admettre le nouveau mode de vie de leurs enfants avec toutes les règles et les mœurs qui ont été rectifiés. Se sentant agressés, ils regrettent ce passé largement dépassé. Leurs progénitures semblent jouer, selon eux, à la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.
Leurs mœurs se sont dégradées, leurs jeunes unissent l’aveugle et le paralytique et leurs principes sont tombés au plus bas. Détrompez-vous ! Nos jeunes marocains prouvent qu’ils ne sont pas nés de la dernière pluie. Ils existent, ils insistent et ils tiennent à le faire savoir. Grâce à une communication révolue, ils réussissent ainsi à s’imposer avec le vrai sens du terme. Wech Wech…
MC Solaar a compris la leçon et l’a bien exprimé dans sa chanson «la musique adoucit les mœurs» : «Ecarte Descartes et toutes les philosophies, Etudie les lois universelles de la vie»… En effet, les mœurs sont des lois qu’on n’a jamais étudiées et qu’on a à présent bannies de notre lexique. Après son indépendance, le Maroc n’a jamais pu se détacher de l’ombre du protectorat.
Aujourd’hui encore, notre société reste autant sous la houlette du modèle étranger et ne semble guère dérangée. L’envie de rééditer ses mœurs d’antan et le respect d’autrefois est complètement jetée aux oubliettes. Au contraire, le pays accueille volontiers cette identification à une nouvelle forme de culture.
La réalité est ferme : nos traditions souffrent, nos coutumes agonisent et nos mœurs périssent, seules dans leur coin. Les principes ont préféré plier bagage : la société veut désormais être «in».
«Du primaire jusqu’au lycée en passant par le collège, l’enseignement instaure un système qui n’a rien à voir avec ce qui se trame dans l’avenir.
Des leçons par-ci, des morales par-là, l’initiation à la bonne tenue, la pédagogie du respect, l’instruction de la politesse…» rappelle Ihsane, une jeune collégienne. Une bonne palette de vagues principes garnis d’hypocrisie, de mensonges, d’arrivisme et d’artifice. Une fois sur le terrain, on relève un assaisonnement de tous ces détails dont les contraires devraient être l’hymne moral du pays.
Les jeunes viennent tout particulièrement mener la danse et se perdent totalement au sein d’une société qui n’a plus de repères. Leurs repères à eux ? Renier les traditions, s’approprier une culture étrangère à la leur, subir les lamentations des aînés qui désapprouvent leur choix… Que dire du tournant qu’a pris l’affaire ?
Que penser de cette dégradation qui laisserait certainement ses traces après ? En effet, les mœurs définissent toute une société et établissent certaines règles à ne pas violer. Malheureusement, la nôtre souffre d’une diarrhée d’immoralités fatale et définitive qui n’est pas prête à s’arranger.
Du jour au lendemain, la réputation du Maroc s’est retrouvée au dessous. Est-ce du au fait de voir ses filles se prostituer au vu et au su de tout le monde ? Ou est-ce à cause de cette vague de modernité qu’on a prise par le sens qui ne lui correspond pas ?
UNE JEUNESSE EN QUÊTE D’IDENTITÉ
Que dire de notre pays qui est désormais une destination de tourisme sexuel ? Des mineurs offrent leurs corps naissants à des étrangers venus spécialement pour cela. Les prix varient selon les villes et selon les services demandés.
Des jeunes filles viennent proposer leur chair devant les yeux ébahis des étrangers surpris par la morocco attitude Marrakech, cette ville ocre dont la terre à touché le linceul d’Ahmed El Mansour le Saadien et ou le palais de la Bahia a tellement brillé caracole en tête de tout le Maroc.
Sa réputation touche le fond mais cela n’empêche pas les adeptes de la matière de s’y intéresser avec une fougue aussi fervente. Ses restaurants accueillent la crème de la société, ses pianos-bars disposent d’un luxe effarant et ses boites de nuits proposent une diversité inouïe de thèmes meublée chaque fois de brochettes de jeunes filles qui font le show toutes les nuits.
Des soirées hautes en couleurs sont ainsi assurément garanties avec une chaleur autant particulière que ravageuse. Cette ville impériale n’a plus les mœurs dans le menu du jour. Elle est désormais un tremplin de marque pour le commerce de chairs fraiches et de sensations intenses (âmes sensibles s’abstenir…).
L’alcool y fait ravage dans ses lieux les plus publics, les MST (maladies sexuellement transmissibles) ne se tournent pas les pouces avec l’inconscience des risques et l’homosexualité prend son pied dans un milieu qui privilégie les penchants sexuels.
Combien de touristes sont-ils harcelés par des jeunes filles cherchant la belle vie ? Souvent dragués, ces étrangers restent abasourdis devant de telles scènes qui font désormais partie de l’hospitalité du peuple marocain. En quête de vie aisée et de bonnes opportunités, nos fillettes s’écorchent vives et s’offrent pour le plus offrant. Belles et rebelles comme elles prétendent être, elles sont totalement aveuglées par la lumière virtuelle qui les accueille à bras ouverts. Matérialistes comme elles sont, on ne peut ne pas voir leur course contre la montre afin de décrocher le gros lot et s’assurer une vie meilleure.
De ce côté là, le pays est dans le rouge et ses mœurs se noient dans un état d’alerte. Que dire de toute cette gent féminine qui tourne le dos aux principes inculqués par les familles et fait la sourde oreille à toutes ces remises à l’ordre ? De nos jours, on n’est point étonné de tomber sur un couple de jeunes enlacé ou en train de s’embrasser dans la rue en clamant haut et fort «après nous le déluge…» et ce, au vu de tous les passants. Les plus âgés n’acceptent souvent pas la nouvelle situation et tentent tant bien que mal de l’arranger, en vain.
Les jeunes d’aujourd’hui sont obstinés à vivre pleinement leur vie et à convertir les éthiques des anciennes générations qui ne correspondent plus au nouveau mode d’existence. Avoir un petit copain est à présent monnaie courante.
En effet, la jeunesse n’a plus envie de dissimuler ses sentiments et enterrer son existence pour les beaux yeux des mœurs ou des parents. Bien plus que cela, la sexualité, qui était jusque là interdite au-delà du cadre du mariage, est couramment pratiquée actuellement. On n’étouffe plus ses pulsions et on ne cherche plus à renier son instinct biologique.
Même les Has been ne résistent pas à la mode
Femmes de tous âges, en train de fumer sur les terrasses de cafés, hommes d’un certain âge en train de courir les filles . Le phénomène est un vrai raz-de-marée. La question qui se pose: sommes-nous capables d’équilibrer entre toutes ces cultures qui se tendent à nous ? Cette fusion de l’Orient et de l’Occident a systématiquement été établie, sans préavis. Ecrasant le passé, tout le monde plaide en faveur de la cool attitude.
Les traditions font désormais partie de la préhistoire du pays et les mœurs ont abandonné leur poste de médiateur. Les anciens maitres du jeu ont baissé la garde et ont laissé à leurs progénitures la tâche de prendre la relève et de hisser le flambeau qui leur appartenait bien avant la révolution.
Bien que cela ne soit certainement pas à leur goût, les anciennes générations s’accrochent à la nostalgie et essaient de vivre sous l’égide et des souvenirs et l’ombre du passé, où les traditions meublaient la société. «Autres temps, autres mœurs…».
La Gazette Du Maroc
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