Sept axes de travail ont été identifiés et considérés comme prioritaire pour le démarrage. Il s'agit de l'amélioration des transports entre l'aire métropolitaine et les autres régions métropolitaines notamment avec le nord du pays renforcé par la construction de grandes infrastructures à vocation économique (port de Tanger-Méditerranée, autoroute, prolongement de la voie ferrée entre Kenitra et Mechraâ Bel Ksiri), d'une part, et du Saïss avec les espaces économiques méditerranéens (Oujda-Nador). Les autres projets concernent l'amélioration du réseau routier interne des deux régions (Fès-Boulmane et Meknès-Tafilalet), la création d'une grande zone industrielle et logistique de 300 à 500 ha d'un très haut niveau avec des normes internationales, bénéficiant de bonnes conditions d'accès, d'infrastructures, d'équipements et d'administrations publiques, de services privés et d'un statut douanier offrant les mêmes avantages afin de maintenir sa compétitivité et le développement du tourisme.
Les principales actions envisagées sont aussi le développement des infrastructures touristiques dans les deux villes, la création de nouvelles zones touristiques et de loisirs, l'équipement touristique et les infrastructures du parc naturel d'Ifrane et sa mise ne valeur au sein de la destination Fès-Meknès et la promotion de circuits vers le Tafilalet et vers le Haut Atlas. Il s'agit aussi de soutenir et de développer les industries traditionnelles de l'aire métropolitaine notamment l'agro-alimentaire et le textile qui présentent un potentiel de croissance important pour Meknès qui assurera le leadership dans le domaine de l'agro alors que Fès développera les synergies nécessaires pour la filière textile. Le plan d'action prévoit aussi de sauvegarder les médinas, patrimoine historique de la région et développer un centre d'excellence en matière de réhabilitation et de restauration des ensembles historiques et d'en faire un des éléments du rayonnement du bipôle, de développer un instrument de promotion économique et de marketing territorial.
A cet effet, les universités de Fès, Meknès et Ifrane seront associées à l'étude d'un concept de marketing urbain ou territorial, à la définition des tâches et à la mise en place de cette institution de promotion en collaboration avec les acteurs économiques. Pour Mohamed Rherrabi, wali de la région Fès-Boulemane, les deux régions doivent conjuguer leurs efforts pour assurer l'amélioration de leur compétitivité, dans le cadre d'une vision commune et mettre au point des programmes d'avenir à même d'assurer le décollage socio-économique de toute la région du Centre. Un intérêt particulier doit être accordé, poursuit t-il, à des projets prioritaires aux niveaux des deux régions, notamment à travers la promotion touristique commune des villes et leur arrière-pays, le développement de l'agro-industrie, du transport et de la recherche scientifique.
Le wali de la région Meknès-Tafilalet, Hassan Aourid, a souligné dans son intervention que le rapprochement entre ces deux grandes villes constitue la perspective incontournable pour toute stratégie de développement socio-économique harmonieux et permanent du Centre du Royaume… Il a appelé à ne ménager aucun effort pour lancer des projets communs de renforcement d'infrastructures de bases dont la liaison des deux régions avec le port Tanger-Med. Pour lui, la relance des projets du bipôle donneront un nouveau souffle aux deux régions et leur permettront notamment de mettre en commun un véritable pôle économique compétitif. Il importe par ailleurs de noter que l'étude métropolitaine a été lancée en 2000 à l'initiative du ministère de l'Aménagement du territoire.
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Programmation
Rappelons que le projet a traîné jusqu'à la signature de la charte de coopération et de partenariat par les responsables des deux régions (walis, présidents des régions et des communes urbaines) le 15 novembre 2006 à Meknès. Cette charte vise à mobiliser tous les acteurs et toutes les énergies au service du développement des deux régions, à surmonter leurs antagonismes et leur concurrence pour en faire un seul pôle de croissance compétitif à l'échelle nationale et internationale.
Bien que les deux villes représentent près de 5,25% de la population du Maroc, elles se caractérisent par une faible croissance. Et malgré leurs potentialités notamment touristiques, elles n'arrivent pas à attirer les grands projets stratégiques et structurants qui sont de plus en plus implantés dans des grandes aires métropolitaines, où leur présence est susceptible d'accroître les synergies, de valoriser les territoires et de renforcer leur compétitivité nationale et internationale.
L'étude métropolitaine qui a servi de base à ce rapprochement révèle que le bipôle Fès-Meknès présente un potentiel certain pour retrouver une partie de ses activités centrales (formation, innovation, services et fonction financière) et de les développer à nouveau à côté de ses activités industrielles (agroalimentaires, textile), artisanales, touristiques et culturelles sachant que la réussite du processus de métropolisation dépend de la réalisation de plusieurs conditions.
Il s'agit, entre autres, de développer des activités motrices, faciliter l'intégration des marchés des deux villes pour les activités spécialisées, développer le développement de la formation universitaire, l'innovation scientifique et technologique et les activités culturelles.
Il est important aussi, d'après l'étude, de renforcer la coopération dans la programmation et la réalisation des infrastructures de base pour améliorer la compétitivité des deux villes, de promouvoir les infrastructures de transport repositionnant les deux villes sur les grands réseaux, de réaliser des opérations urbanistiques capables de changer l'image des villes dans la perception des opérateurs économiques et développer enfin une politique active de promotion et de marketing urbain.
Par Rachida Bami | LE MATIN
Posté par : sabrina2008 | Article lu: 247 fois
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