Mostafa Benali n’est plus le patron de 2M. Le conseil d’administration de la société SOREAD-2M a décidé, mardi 24 juin, à Casablanca, de le démettre de ses fonctions de directeur général de la chaîne de Aïn Sebaâ. Cette décision est tout sauf une surprise. Les rumeurs sur le départ de Benali allaient bon train depuis plusieurs mois, tellement récurrentes qu’elles s'en sont banalisées.
La fin d'une guéguerre
Pour le moment, aucune raison officielle n’a été donnée par le conseil d'administration de la chaîne pour expliquer ce limogeage plutôt sec. Cependant, il est de notoriété publique que Benali n'était pas en odeur de sainteté auprès de Fayçal Laraïchi, le président de la SNRT et patron du Pôle audiovisuel public (regroupant la SNRT et 2M). Et la réciproque est vraie. “Entre les deux, c'était vraiment une guerre non déclarée. À tel point que des blagues les mettant en scène circulaient parmi nous”, confirme ce journaliste de 2M. Laraïchi se serait toujours plaint de n’avoir aucune autorité sur Benali, bien qu'étant, sur le papier, son supérieur hiérarchique. À un détail près : tout comme Laraïchi, Mostafa Benali a été nommé par Dahir. Du coup, son véritable supérieur, c’est son ministre de tutelle, celui de la Communication. “C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Laraïchi n’a jamais pu écarter Benali, qu'on disait le protégé de Nabil Benabdellah. Il faut rappeler que c'est ce dernier qui l’avait sorti du placard où l’avait confiné l’ancien directeur de 2M, Nouredinne Saïl”, précise ce cadre de la deuxième chaîne publique.
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Nabil Benabdelah a quitté le gouvernement, pendant que Laraichi montait en puissance (on le dit encore plus proche du Palais) et en pouvoir. Les modalités de l'éviction de Benali en sont la preuve éclatante : comme le précise le communiqué de 2M-Soread, son remplaçant n'a pas été nommé par Dahir, mais par une décision du conseil d'administration de la chaîne… présidé par Fayçal Laraichi. En d'autres termes, ce dernier a réussi à changer, à son avantage, les règles juridiques de la désignation du directeur de 2M.
La surprise du chef
Si le départ de Mostapha Benali n’est pas une surprise, l'identité de son successeur en est une. Salim Cheikh, qui devient à 35 ans le plus jeune patron de chaîne télé de l'histoire du PAM (Paysage audiovisuel marocain), ne partait pas favori pour le poste. Les rumeurs mentionnaient plutôt les noms d'Ahmed Ghazali (actuel président de la HACA) ou de Samira Sitaïl (alors directrice de l’information). Mais le choix de Fayçal Laraïchi s’est finalement porté sur ce proche collaborateur qui dirigeait, depuis 2006, le Service autonome de publicité, la régie publicitaire de la SNRT.
Diplômé du cycle supérieur de l’ISCAE (1994) et de l’Université de Toulouse, Salim Cheikh est aussi un ancien d’Unilever et de Sialim. Sur le plan médiatique, il a été pour beaucoup dans la mise en place de Marocmétrie et de l’OJD Maroc. Mais ce CV fourni ne suffit pas à convaincre certains acteurs de l'audiovisuel. “Je ne comprends pas comment on peut mettre à la tête de 2M quelqu’un qui n’est pas issu du milieu de la télévision”, s’étonne ce cadre de la deuxième chaîne. Des inquiétudes que ne semble pas partager le patron de la SNRT. Dans une déclaration à un quotidien de la place, Fayçal Laraïchi a expliqué que “ce choix était purement professionnel. Lui et moi, on travaille ensemble depuis deux ans dans la programmation et la production. Son expérience ne se limite pas à la publicité”. Un portrait flatteur pour un personnage en tout cas plus consensuel que la puissante directrice de l’information, Samira Sitail. Cette dernière s’est vu proposer, comme lot de consolation, le poste de directrice générale adjointe chargée de l’information et des programmes d’information. “Si elle n’a pas été nommée à la tête de 2M, c'est parce qu’elle ne fait pas l'unnanimité. Elle est en conflit avec beaucoup trop de monde”, croit savoir ce journaliste de la chaîne. Une “promotion” qui confirme en tout cas une chose : la séparation entre le service des informations et le reste est désormais nette. Et il n’est pas interdit d’y voir une dimension poltique.
TELQUEL
Posté par : betty299 | Article lu: 169 fois
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