Ce jour-là, tout est arrivé subitement. Meriem s'est projetée hors du véhicule scolaire lorsque ce dernier a percuté une voiture de marque «C15». La jeune fille fut transportée au CHU le plus proche. Là-bas, elle a demeuré au coma ; quelques heures plus tard, les médecins ont annoncé son décès.
Affligés par la mort de la jeune fille qui frôlait à peine les 20 ans, les parents d'élèves étaient sous le choc : «Et si c'était mon enfant ?», « Et si le minibus s'est renversée avec tout le monde ?» «Comment est-ce que nous allons encore confier notre progéniture dans des transports scolaires ? » Autant de questions qui poussent tout individu à s'interroger sur la situation du transport scolaire au Maroc. Existe-t-il une garantie pour transporter nos chérubins ? Y a-t-il des normes et procédures à suivre avant la procuration d'un transport scolaire ?
En effet, de nos jours, plusieurs autobus «remplis» d'enfants sillonnent les artères de la métropole. Tout conducteur peut les croiser non seulement sur les grands boulevards mais aussi dans des petites ruelles.
Circulant surtout lors des heures de pointe, ces engins «jeunes» acheminent les écoliers depuis leur domicile vers l'école, et vice versa. «Pour tout vous dire, le bus scolaire a résolu pas mal de problèmes dans notre petite famille. Avant, il fallait prendre un autre chemin pour déposer mon garçon pour ensuite refaire le même trajet et prendre la direction du bureau. Maintenant, ce n'est plus le cas», témoigne une jeune maman. Ceci dit, si certains parents arrivent à allier leur vie professionnelle et personnelle, d'autres galèrent et prennent de vrais risques.
«Je ne vous cache pas que le minibus ne m'est pas de grande utilité. Souvent, il n'arrive pas à temps et je me trouve obligée de laisser mon gamin devant la porte de la résidence tout seul. C'est simple, je n ai pas le choix. Soit je reste avec mon fils et j'encaisse un grand retard au niveau de mon emploi, ou je pars et le laisse attendre son bus tout seul», raconte une autre maman. Elle poursuit : Parfois, une inquiétude s'empare de moi. Et si mon gamin traverse la route tout seul, et s'il refuse de prendre le bus, et s'il fait l'école buissonnière ?»
Ainsi si ces deux mamans n'ont pas vraiment le choix et sont mises devant le fait accompli, plusieurs autres parents d'élèves sont catégoriques.
«Jamais je ne laisserai mes enfants prendre le transport scolaire. C'est une catastrophe, cet engin ! Avez-vous remarqué comment certains chauffeurs conduisent ? C'est de la folie ! On dirait qu'ils transportent des moutons. Et encore mieux, car si c'était des moutons, ils auront peur de les blesser car ils leur procurent de l'argent. C'est irresponsable », se révolte un père de famille.
C'est irresponsable certes, mais que connaissons-nous vraiment des autobus scolaires ? Que savons-nous de leurs caractéristiques de sécurité ? La réponse nous vient de Abdellatif El Youssefi, Délégué provincial du ministère de l'Education nationale à Ain Sebaâ «Ce que les parents doivent comprendre, c'est que l'autobus scolaire est parmi les moyens les plus sûrs de transporter les enfants à l'école, à condition que les normes sécuritaires soient respectées. Ces normes concernent non seulement les dimensions et le poids de ce type de véhicules, mais aussi les caractéristiques de sécurité intégrées aux autobus qui offrent une protection considérable aux occupants des autobus en cas de collision ».
Pour ce faire, tout demandeur de procuration de bus scolaire doit respecter les conditions de sécurité. Première chose, soumettre à la délégation du ministère de tutelle, une fiche anthropométrique des chauffeurs, ainsi que leur photocopie de permis de conduire et un certificat médical, dont le médecin atteste que le sujet est en bonne santé. Aussi, pour les conditions techniques, « tout demandeur doit peindre son autocar en jaune, et y rajouter une bande de 30 centimètres pour que l'écriteau soit bien lisible. Ensuite, le concerné ramène ses transports au service dix mille qui est homologué par le ministère des Transports.
Là bas, les responsables pèsent l'engin et procèdent à une visite générale. Leur contrôle touche des composantes, comme la couleur de l'autobus, la conception intérieure et extérieure de la carrosserie, les miroirs, les systèmes d'éclairage et la conception des banquettes. Si le tout est en règle, le demandeur part avec son autorisation de faire circuler ses autobus scolaires», détaille M. Jorfi de la délégation du MEN de Ain Sebaâ.
Pour ainsi dire que chaque jour, le car scolaire est utilisé par plusieurs enfants. Mais à part son aspect technique, les conducteurs doivent faire très attention aux petites âmes qu'ils transportent.
Aussi, afin d'initier les écoliers aux normes sécuritaires, les parents sont aussi concernés. Il est donc primordial d'éduquer les enfants à la sécurité et surtout de leur rappeler régulièrement les règles d'un bon comportement lors du transport scolaire.
-------------------------------------------------------------
Déperdition scolaire à Moulay Yaâcoub
Une enveloppe budgétaire de plus de 29 millions de DH a été consacrée à la lutte contre la déperdition scolaire dans la province de Moulay Yaacoub, qui connaît un taux des enfants âgés de 15 à 19 ans non scolarisés et déscolarisés des plus élevés à l'échelon national, s'élevant à 46,79%.
A cet égard, un programme de réhabilitation de 60 établissements scolaires, visant l'amélioration des conditions de scolarisation, a été entrepris dans les communes rurales Ain Bouali, Laajajra, Louadaine, Mekes, Sebt Loudaya et Sidi Daoud pour un coût global de plus de 11 millions de DH.
Le transport des élèves occupe une grande place dans les programmes de lutte contre la déperdition scolaire dans la province.
En effet, une convention de partenariat a été conclue, dans ce sens, entre le comité provincial de développement humain d'une part et la délégation provinciale de l'éducation nationale, la commune rurale Sebt Loudaya et l'association du développement du transport scolaire en milieu rural d'autre part, en vertu de laquelle l'INDH finance sur une durée de 5 ans (2006-10) toutes les dépenses liées au fonctionnement du véhicule de transport scolaire mis à la disposition de la province par le ministère de l'Education nationale.
De même, un autre programme de construction de 20 cantines scolaires réparties sur 9 communes rurales (Sebaa Rouadi, Ain Chkef, Mekes, Ain Bouali, Ain Kansara, Ouled Mimoun, Sebt Loudaya et Louadaine) a été élaboré pour des investissements dépassant les 3 MDH.
Par Rajaa Kantaoui | LE MATIN
Posté par : dounya | Article lu: 2961 fois
|