Huit femmes et quatre hommes ont été désignés lundi matin pour composer le jury de la cour d'assises du Brabant wallon qui jugera Geneviève Lhermitte, une mère de famille de 42 ans, accusé de l'assassinat de ces cinq enfants - quatre filles et un garçon, âgés de trois ans et demi à 14 ans -, égorgés l'un après l'autre au domicile familial de Nivelles le 28 février 2007.
> Témoignage du Docteur Schaar sur RTL-TVi
"Mon nom est Lhermitte Geneviève", a-t-elle dit d'une voix quelque peu hésitante et tendue au président qui procédait au bref interrogatoire d'identité d'usage à l'ouverture du procès. Appelée à donner une profession, Geneviève Lhermitte s'est déclarée "enseignante et maman au foyer".
A son entrée dans la salle, l'accusée n'a pas tourné son regard vers son ex-mari, Bouchaïb Moqadem, installé à une dizaine de mètres d'elle sur le banc des parties civiles avec le docteur Michel Schaar.Vêtue d'un jeans, d'un chemisier blanc et d'une veste de tailleur grise, Geneviève Lhermitte, cheveux bruns mi-longs tombant sur les épaules, est restée très attentive lors de la procédure de composition du jury.
Les yeux humides, le regard dans le vide, elle était éprouvée lors de la lecture de l'acte d'accusation détaillant les faits, tandis que Bouchaïb Moqadem, une main lui cachant le visage baissé, grimaçait de douleur et semblait sécher quelques larmes.
Peu de candidats jurés ont formulé une demande de dispense. Seules deux femmes ont évoqué la nature des faits pour demander à ne pas faire partie du jury tandis qu'une vingtaine parmi les 120 candidats évoquaient les difficultés de s'absenter pour raisons familiales, professionnelles ou de santé.Six jurés suppléants (quatre femmes et deux hommes) ont été retenus lundi matin pour pallier la défaillance éventuelle d'un des douze jurés effectifs. Le représentant du ministère public qui, comme la défense, pouvait récuser neuf personnes, n'a récusé que des femmes tandis que les avocats de Geneviève Lhermitte ont récusé six hommes et trois femmes.
Les crimes ne sont pas contestés
Les crimes ne sont pas contestés par Geneviève Lhermitte qui avait prévenu elle-même les secours après une tentative manquée de suicide. Ils ont été rappelés par l'avocat général lors de la lecture de l'acte d'accusation qui a débuté à midi et doit se terminer dans l'après-midi avant l'interrogatoire de l'accusée. Une heure avant les faits, Geneviève Lhermitte avait déposé une lettre d'adieu dans la boîte aux lettres d'une amie, écrivant notamment "j'ai pris ma décision de partir avec mes enfants très loin et pour toujours".
Elle y accusait son mari, Bouchaïb Moqadem, qui devait rentrer le soir même d'un séjour au Maroc dans sa famille, d'être sourd à sa détresse. Elle s'en prenait à Michel Schaar, un médecin qui avait accueilli en Belgique Bouchaïb Moqadem alors âgé de 14 ans. Le Dr Schaar vivait en partie avec la famille et subvenait quasi totalement aux besoins financiers du couple depuis sa rencontre.
Geneviève Lhermitte a tout d'abord étranglé et égorgé sa fille Mina, âgée de 7 ans, avant d'appeler l'un après l'autre ses quatre autres enfants en leur disant de lui pardonner. Les plus âgées de ses filles se sont défendues. Elle a ensuite disposé les corps de ses enfants sur des lits, plaçant parfois des peluches dans leurs bras.
Selon les psychiatres, Geneviève Lhermitte était au moment des faits "dans un état anxio-dépressif sévère qui a favorisé ce passage à l'acte et altéré profondément --mais non aboli-- son discernement".
Comprendre
La cour d'assises tentera de savoir pourquoi "cette mère parfaite est arrivée à ce geste incompréhensible", estime la défense. "Dimanche elle était extrêmement tendue mais avait beaucoup de détermination. C'est un jour dramatique pour elle. Ce procès, elle le veut pour expliquer le contexte qui a conduit à ce geste dramatique", a déclaré hors audience Me Daniel Spreutels.
"Il faut chercher dans l'entourage pourquoi cette femme parfaite pendant 14 ans explose, pourquoi elle en vient à préférer la mort de ses enfants et d'elle-même. C'est le procès d'une société et d'un système familial", a renchéri son second avocat, Me Xavier Magnée.
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Posté par : betty299 | Article lu: 1861 fois
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