Selon Hassan Bahi, directeur du Centre, «dans le contexte de crise qui caractérise l’économie mondiale, Meknès-Tafilalet est parmi les rares régions du Maroc ayant enregistré une augmentation en termes de création d’entreprises».
Les services du CRI ont instruit, au cours de la même année, 377 projets d’investissement totalisant un montant global de plus de 10,7 milliards de DH et générant la création d’environ 19.000 emplois. La répartition sectorielle des investissements classe le secteur du BTP en tête au niveau des montants investis avec 9,414 milliards de DH, soit 87,9% du total de l’investissement prévu. Le secteur du tourisme figure au deuxième rang avec plus de 427 millions de DH. Viennent ensuite l’énergie et les mines en troisième position avec un montant de 359 millions de DH. Les secteurs de l’industrie et du commerce suivent avec respectivement 218 et 195 millions de DH.
«En comparaison avec l’année 2008, les dernières statistiques montrent que même si l’économie régionale observe un léger infléchissement, il n’en reste pas moins qu’il s’agit de l’un des rares territoires ayant pu résister à la déferlante de la crise mondiale», explique Bahi. Accueillant une trentaine de diplomates lors d’une récente visite dans la région, ce dernier a dressé un tableau exhaustif des potentialités de sa zone de compétence. Avec une préfecture (Meknès) et quatre provinces (El Hajeb, Ifrane, Khénifra et Errachidia), s’étalant sur 79.210 km², soit 11% du territoire national, la région ne manque pas d’atouts. En effet, la région Meknès-Tafilalet, dont Meknès est le chef-lieu, bénéficie de nombreuses potentialités, notamment naturelles et historiques.
En outre, elle jouit d’une localisation stratégique sur l’axe autoroutier Rabat-Fès et de la proximité de l’aéroport de Fès. Elle bénéficie également de la présence d’instituts de recherche et d’enseignement supérieur (Ecole nationale de l’agriculture, Institut national de la recherche agronomique, Université Moulay Ismail, Université Al Akhawayn, etc.).
Par ailleurs, Meknès abrite chaque année le Salon international de l’agriculture du Maroc (SIAM), devenu aujourd’hui une manifestation annuelle de grande ampleur réunissant tous les acteurs des filières agricoles et agro-industrielles.
Cependant, côté industrie, la région se caractérise par un tissu industriel peu développé, contribuant faiblement à la production nationale (2,38% de la valeur ajoutée). Il convient de noter que 73% des industries sont concentrées dans la préfecture de Meknès. L’industrie agro-industrielle représente 54% de la valeur ajoutée créée par le secteur industriel dans la région.
«Pour relancer cette activité et faire de Meknès un pôle de compétitivité dans le secteur agricole et agroalimentaire, la wilaya et le CRI suivent de près, en concertation avec plusieurs partenaires, la réalisation de Agropolis», souligne le responsable de l’investissement. Et d’ajouter que la superficie agricole utile est estimée à 760.000 ha. La fertilité des sols et le climat favorisent la pratique de cultures assez diversifiées (céréales, légumineuses, fruits et légumes, etc.). Quant à l’élevage, et par référence au total national, le cheptel de la région représente 12,6% des ovins, 11,7% des caprins et 7,11% des bovins.
Agropolis
Le projet de création d’une cité destinée à améliorer la compétitivité de l’agro-industrie à Meknès, dénommée Agropolis, a été lancé en 2007. Il est confié à MedZ, filiale de CDG Développement, et sera réalisé sur une superficie de 130 ha. A lui seul, ce projet générera un investissement de l’ordre de 5 milliards de DH. Sa réalisation s’inscrit dans le cadre de la déclinaison territoriale du plan Emergence.
Ce plan définit une nouvelle stratégie industrielle, dont l’un des piliers est relatif à la modernisation et la dynamisation du secteur agro-industriel, secteur présentant un potentiel certain pour l’encouragement de l’investissement créateur de richesses et d’emplois. Pour ses concepteurs, «le projet Agropolis vise à transformer Meknès en une plateforme, reconnue au niveau mondial, en matière d’agro-industrie.
De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI
L'Economiste
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