Un beau parcours que celui de Rachida Dati, 41 ans, qui vient d’être nommée porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, en lice pour l’Elysée. Une consécration de belle facture qui témoigne des qualités de cette Française, née de père marocain et de mère algérienne.
I
ssue de “la France d’en bas”, pour reprendre la formule de Jean-Pierre Raffarin, auquel a succédé Dominique de Villepin, Premier ministre, elle a eu à surmonter les pesanteurs et les hypothèques de son milieu d’origine. Elle a grandi dans une HLM de
Chalon-sur-Saône; elle était la deuxième d’une lignée comptant pas moins de douze enfants dont huit filles; elle a eu ainsi à s’occuper, en plus de ses études, de sa famille.
À l’université, elle poursuit un DEUG en science économique à l’Université de Dijon. Au cours d’une réception, elle croise Albin Chalandon, alors Garde des Sceaux, qui la recommande pour un emploi de comptable chez Elf Aquitaine dont il avait été le président.
Après trois ans, elle rejoint la direction de l’audit du groupe Matra communication puis elle décroche, durant un an, un poste d’auditeur interne à Londres au sein de la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement, présidée alors par Jacques Attali.
Son cursus universitaire s’est en même temps étoffé: licence en droit, Institut Supérieur des Affaires rattaché à HEC. Encouragée par Marceau Long, président du Conseil d’État et Simone Veil, elle intègre l’École nationale de la Magistrature de Bordeaux.
Juge au tribunal de grande instance de Bobigny, puis substitut du procureur de la République d’Ivry, elle veut travailler avec Nicolas Sarkozy qui, après plusieurs demandes, la reçoit et la recrute comme conseillère technique au ministère de l’intérieur. “Pour lui, confie-elle, je ne suis pas l’Arabe de service, j’ai une vraie place…”
Le président de l’UMP n’a sans doute pas ignoré qu’avec Rachida Dati, il faisait coup double: une féminisation de son équipe et une représentante d’une minorité visible. Sans oublier qu’il a aussi corrigé l’image négative qu’il a dans certains milieux de la communauté immigrée par suite de ses bavures verbales “racaille”, “nettoyer au Karcher”…
En tout cas, sa nouvelle porte-parole assume pleinement ses valeurs d’origine et son intégration à la société française. “Il faut arrêter de voir dans la population d’origine immigrée que des gens à problème ou des Cosettes” – allusion au personnage central du livre Les Misérables, de Victor Hugo. Elle souligne que “la réussite n’est pas une évidence pour nous, mais la République permet aussi des parcours de réussite. Les concours sont les mêmes pour tous…”
Elle sait qu’elle sera fortement exposée dans les prochains mois du fait de cette nouvelle fonction. Une étape décisive pour préparer un avenir qu’elle ne connaît pas encore. Pour l’heure, elle a rêvé sa vie et elle paraît être née sous une bonne étoile.
Mustapha Sehimi
Maroc Hebdo
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